Le fruit de ma passion

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Chronique

Mourir à petit feu

12 août 2013
C'est ce que doivent ressentir les employés de l'épicerie Corneau Cantin de Jonquière. J'ai pensé à plusieurs façon de titrer cet article  mais, malgré le jeu de mots, j’ai quand même fixé mon choix sur celui-ci.
Après l'incendie qui a détruit une partie de l'entrepôt le 30 mars dernier, les 45 employés se sont retrouvés au chômage. Pour plusieurs d'entre eux, c'était la première fois qu'ils avaient une si longue période sans travail (pour ne pas dire de repos ou de vacances) depuis qu'ils étaient au service de M Jean-Marie Cantin et M Doris Corneau. Mais à quel prix? Celui de leur emploi malheureusement!
Mais la dégringolade avait malheureusement commencé quelques années avant cet événement. Des décisions certainement très difficiles et douloureuses avaient dues être prises pas M Cantin pour assurer l'avenir de l'entreprise. Fermer Québec, continuer au Saguenay, embaucher un nouveau gestionnaire pour éviter le pire...qui n'a quand même pas pu être évité…et la vente pour finir. Dans le contexte économique, certaines décisions ont été prises et ça n'a peut-être pas toujours été les bonnes. Mais comment savoir?
En tant que propriétaire, on cherche toujours la meilleure façon de trouver l’équilibre entre notre satisfaction et celle du client. Pour certains, cette satisfaction se définie en signe de $ et pour d'autres, c'est tout autre chose. Cette satisfaction vient davantage de ce qu'ils retirent du côté humain. Ce n'est pas toujours évident d'avoir la balance entre les deux. Et, selon moi, ce qui motivait cette entreprise à travers les années n'était pas toujours facile; avoir foi en l'idée de développer les produits régionaux tout en faisant découvrir les produits importés, en tenir un inventaire pour satisfaire une clientèle marginale. Dans tout cela, ce n'est pas toujours évident de trouver son compte monétaire. La majorité des grosses entreprises en alimentation ne se donnent pas cette peine, ils offrent ce que le consommateur désire et ne se cassent pas la tête à  leur faire découvrir de nouveaux produits. Ces entreprises travaillent davantage pour leur «poches» qu'avec leur cœur. On peut dire que Corneau Cantin a travaillé fort pour défricher le terrain, et il en paye probablement le prix maintenant.
 
Pour appuyer mes dires , voici comment cette institution définissait ses motivations sur son site web : «Cultiver la différence en alimentation.
L'entreprise s'est donnée la mission de mettre en marché des produits considérés comme marginaux par l'industrie pour en faire des produits de consommation courante. Au chapitre du service, Corneau Cantin détient une longueur d'avance sur l'industrie. Dans un environnement à dimension humaine, Corneau Cantin mise sur l'accompagnement des clients dans les allées, sur les conseils du chef et les trucs de cuisine, mais surtout sur l'éducation et la sensibilisation des clients à la qualité des produits offerts.»
 
Après la vente
Les employés continuaient à travailler avec tout leur cœur répondant aux interrogations des clients, sur leur avenir et celle de l'entreprise. Mais quand savaient-ils de leur avenir? C'est comme une famille qui se dissout selon moi. Puisque j'y ai travaillé une petite année en tant que chef conseil, j'ai eu la chance de côtoyer plusieurs d'entre eux et certains y étaient presque depuis le début, soit depuis 1968. Tu ne restes pas si longtemps dans une entreprise si tu n’y es pas heureux puisque ce n’est certainement pas pour le gros salaire et les conditions de travail que tu rentres travailler jours après jours. Ta motivation est certainement autre.
 
La fin
Et voilà que la semaine dernière le couperet tombe. Lorsque Stéphane Bégin a écrit ces mots dans son reportage, il ne se doutait certainement pas de l’issue de la situation : «Le marché d'alimentation Corneau Cantin de Jonquière pourrait bien être fermé pour quelques jours à la suite du début d'un incendie.»
 
Pour moi, c’est la fin de Corneau Cantin (puisque je ne me rendrai pas à Chicoutimi pour faire mes achats). À Jonquière, c’était ma gang, je ne les nommerai pas puisqu’il y en a plusieurs à saluer. Je vous lève mon chapeau pour votre travail, je vous salue et vous souhaite ce qu’il peut y avoir de meilleur pour votre avenir.
Au plaisir de vous revoir.
 
Au menu cette semaine :
Voici une recette que j’avais justement fait déguster chez Corneau Cantin en décembre 2007.
 
Pâtes fraîches aux fruits de mer et oka champignons
2 portions
 
Huile d'olive pour cuisson
100 g de grosses crevettes
100 g de pétoncles
300 g champignons émincés  (au choix: shiitake, café, paris)
1 grosse échalote française émincée
50 g de tomates séchées émincées
60 ml de vin blanc (facultatif)
200 ml de crème
125 ml de fromage oka champignons râpé
Sel et poivre du moulin
250 g de pâtes fraîches (fettucine)
 
1.    Bien égoutter les fruits de mer et les éponger. Salez et poivrez.
2.    Chauffer l’huile dans une grande poêle et y faire sauter les fruits de mer rapidement sans trop les cuire. Les retirer de la poêle et les mettre en attente.
3.    Dans la même poêle, remettre un peu d’huile et y faire cuire les champignons, l'échalote et les tomates séchées sans trop remuer pour bien colorer.
4.    Déglacer avec le vin blanc, verser la crème et amener à ébullition. Assaisonner. Réduire le feu et laisser cuire jusqu’à ce que la sauce nappe bien le dos d’une cuillère.
5.    Pendant ce temps, cuire les pâtes à l'eau bouillante quelques minutes, bien les égoutter (sans les rincer) et les ajouter immédiatement à la sauce.
6.    Ajouter le fromage râpé, les fruits de mer et mélanger délicatement pour réchauffer sans bouillir. Servir aussitôt.
 

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