Le fruit de ma passion

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Chronique

Le client à-t-il toujours raison ? et recette de Vinaigrette aux petits fruits

3 juillet 2013

Puisque j’arrive à la fin de mon travail au restaurant de Val Jalbert pour l’été, je peux vous dire à quel point j’ai le plus beau métier du monde...et le plus effroyable par moment. Chacun de vous vivez au quotidien d’heureux moments dans votre propre corps de métier et vivez certainement des hauts et des bas également. Mais j’aimerais partager avec vous une parcelle de la réalité de ce que peuvent vivre les gens qui travaillent en restauration, autant en cuisine qu’au service.

Ayant exploré plusieurs facettes du métier et côtoyé diverses personnes y œuvrant, je suis à même de vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup qui y travaillent toute leur vie puisque la précarité des conditions n’est pas toujours évidente et malheureusement, on dirait qu’un seul événement négatif a besoin de plusieurs évènements positifs pour l’effacer ou du moins l’atténuer.

J’arrive à ce que je voulais vous dire, à ces petits évènements qui nous feraient tout laisser tomber. À ces personnes maladroites qui ne savent pas exprimer leurs insatisfactions.

Ce soir là, malgré les cent quelques personnes satisfaites de leur soirée, une seule a pris la place dans ma mémoire et dans les discussions. La voici donc.

Tranche de vie

Il est 19 heures et demie et je me prépare à servir 75 personnes qui vont entrer tous au même moment dans la salle à manger pour le 2e service de la soirée. (Cela implique que j’en ai déjà servi plusieurs autres au premier service de 17 heures).
Une serveuse entre et me mentionne qu’une cliente et sa fille sont allergiques au gluten et au lactose et me demande qu’est-ce qui est au menu qui sera sans danger pour elles. Après lui avoir répondu, elle retourne voir la cliente qui demande quand même à me parler. La voici donc qui entre dans la cuisine et commence à m’engueuler sous prétexte que j’aurais dû le savoir car lors de sa réservation, elle l’avait mentionné à la personne responsable. Oups, petit problème de communication! Mais je lui mentionne que, malgré tout, je suis bien au courant de ces intolérances et que je saurai faire en sorte que leur repas sera tout à fait sécuritaire pour elles. Ça na pas été suffisant, elle recommence! Et pendant ce temps, j’ai les commandes des autres clients qui s’empilent.
Je lui répète et la rassure gentiment encore une fois que je ferai en sorte qu’elle passe une bonne soirée. Elle en remet et recommence!!! Ces 5 minutes me paraissent une éternité. Les commandes continuent de s’empiler.
Elle finit par sortir de la cuisine. Je reprends mes esprits, me ressaisis et commence à regarder les commandes des autres clients.
Je croyais pouvoir me remettre à travailler quand je la vois entrer de nouveau dans la cuisine et recommencer!!!
Mais qu’est-ce que je peux faire de plus que lui dire à nouveau qu’il n’y aura pas de problèmes. Comment puis-je garder le sourire sans m’emporter? Comment puis-je avoir le goût de lui servir un bon plat pas trop assaisonné!! J’ai toute les cartes gagnantes dans mes mains si j’y pense bien!
Par professionnalisme, par respect, parce que ce n’est pas dans mon genre. (Je suis certaine que vous avez déjà entendu des histoires tordues de cuisiniers malveillants qui faisaient des choses inimaginables dans les assiettes que les clients retournaient).

Est-ce que j’irais faire la même chose à mon garagiste juste avant la pose de mes pneus d’hiver sans avoir peur qu’il «oublie» de bien fixer les boulons. Est-ce que j’irais faire la même chose à un médecin juste avant de me faire opérer ? Jamais! Jamais à qui que ce soit!
Mais pourquoi certaines personnes peuvent-elles agir ainsi?
L’employé n’est pas un esclave des temps modernes, un sans-voix devant accepter de servir d’exutoireà n’importe quel frustré se cherchant une cible facile. Est-ce que ce consommateur-roi n’a jamais été éduqué socialement? Lui a-t-on jamais expliqué que la personne devant lui est un humain méritant le respect, que ce n’est pas parce qu’il gagne moins d’argent qu’il vaut moins. Que son emploi ne constitue qu’une facette de son identité, une simple transformation de son temps en argent lui permettant de (sur)vivre?

 

Le client a toujours raison ?!?

Cette célèbre phrase du fondateur des magasins Selfridge – Harry Gordon Selfridge – datant de 1909 suggère que les consommateurs auront toujours un bon service dans l’établissement et incite les employés à offrir un service hors-pair.
Selon d’autres gens d’affaire, cette phrase est contre-productive. Bien qu’ils prônent un excellent service à la clientèle, ils croient qu’un mauvais client crée une onde de choc négative auprès des employés et influence la productivité. Je pense comme eux. Certains clients ne mériteraient pas d’être servis pour leur impolitesse. Tout peut se dire, ça dépend toujours de la façon.

Ce que je vous ai raconté n’est qu’une facette de ce métier. Imaginez ce que peuvent vivret les cuisiniers dans les centres pour personnes âgées quandcelles-ci voudraient que ça goûte comme ce qu’ils faisaient à la maison. Alors, si le cuisinier décide de faire plaisir à l’une d’entre elles en préparant des légumes bien cuits, il déplaira à l’autre qui les aime «al dente».
Et dans les garderies, avec toutes les allergies inimaginables que l’on retrouve maintenant. Vous devriez voir le babillard des cuisiniers avec la photo de l’enfant et l’allergie à côté. Comment pouvoir satisfaire tout le monde?


Et il y a les autres clients...

...Ceux qui prennent le temps, eux aussi, de venir en cuisine, pour nous remercier de leur avoir fait vivre un beau moment, pour nous féliciter. Pour nous encourager à continuer.
...Ceux qui se mettent presque à genoux pour nous demander une petite attention particulière à leur régime. (Je n’en demande quand même pas autant...c’est juste pour vous montrer les extrêmes).
... Et cette dame qui m’a écrit suite à la chronique de la semaine dernière en me disant qu’elle était parmi les convives qui ont dégusté l’entrée de betteraves et qui me demande la recette de vinaigrette.
...Et de cet honnête monsieur Frédérick Tallaron, habitant à St Germain en Laye en France qui m’écrit à son retour à la maison pour me dire qu’il a retrouvé ma clé USB à Val Jalbert. Je lui mentionne que nous nous sommes peut-être vu à la salle à manger et il me répond : «Sans flagornerie, je puis vous dire que le souper était EXCELLENT et particulièrement bien présenté. Génial ! Nous n'avons par contre pas dû vous rencontrer car nous nous sommes éclipsés rapidement pour ne pas coucher les enfants trop tard.»

Merci à vous tous et continuer à nous donner cette petite tape sur l’épaule pour nous encourager à bien vous servir.

Au menu cette semaine :

Alors pour faire suite à la demande de madame Deveau, voici la recette de vinaigrette aux petits fruits que Caroline Fillion, collaboratrice à l’école de cuisine le Fruit de ma Passion, prépare lors du cours vinaigrettes et salades composées.

Vinaigrette aux petits fruits

• Mettre dans un bol, 125 ml de moutarde de Dijon, 80 ml de sucre ou de miel ou de sirop d’érable, 2 gousses d’ail hachées, 75 ml de vinaigre de cidre, 75 ml de vinaigre balsamique blanc et 1 litre d’huile au choix. Bien mélanger à l’aide d’un fouet.
• Ajouter 150 ml de fruits congelés, 250 ml de bleuets séchés et 250 ml de canneberges séchées. Saler et poivrer du moulin.
 

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