Le fruit de ma passion

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Chronique

À la cabane on est allé

18 août 2013
 Curieuse de constater par moi-même le travail de Martin Picard et son équipe de la cabane du Pied de cochon, j’avais réussi à avoir une réservation pour quatre pour le jeudi 21 août. Pour obtenir cette réservation, j’ai attendu le 31 mars à minuit pile, donc les premières secondes du 1er avril, pour m’inscrire sur son site web afin de compléter ma demande. Depuis ce temps, nous nous préparions à cette visite et à ce repas que nous anticipions très gargantuesque. Y a-t-il un mot qui serait plus fort que gargantuesque? Pantagruélique, décadence ou orgiaque peut-être?! Quand on dit orgie de bouffe, on ne peut pas imaginer comment ce repas pouvait bien représenter l’expression. Six entrées (chacune de la grosseur d’un plat principal à elle seule), trois plats principaux et cinq desserts. Pas moins. Pour quatre personnes. Bien que nous soyons de bons mangeurs, laissez-moi vous dire, que nous n’avons réussi à manger que le quart de ce qui nous a été servi. Je pensais être préparée psychologiquement à ça. Je ne l’étais pas. Peut-être ne l’est-on vraiment jamais.
 
Le déroulement 
Nous partons de Jonquière en direction de Mirabel pour arriver de justesse sur le site 15 minutes à l’avance comme recommandé. On prend quelques minutes pour faire le tour de la place et prendre quelques photos à l’extérieur. Le tout semble relaxe et paisible.
Arrivés à l’intérieur, on nous place à une grande table pour 8 personnes. Les bancs de bois sont confortables mais sans plus. Rapidement, notre serveuse principale se présente et nous défile le déroulement du repas…toujours rapidement. Nous avions choisi le service de 17:30 pour avoir le temps de digérer. Nous avions deux heures devant nous pour profiter du moment. C’est ce que je croyais.
Nous commandons les apéros. Sur la table, c’est comme à la cabane, conviviale. Les ustensiles dans les pots, les serviettes de table dans une distributrice. On nous apporte un petit bol en mentionnant d’y déposer tout ce que nous ne voulons plus manger (!?!) et des plats pour apporter ce que nous désirons garder. Malheureusement, on ne peut presque rien rapporter puisque nous sommes en escapade de quelques jours à Montréal. On nous donne une assiette que nous devrons garder pour les neuf services de plats salés. C’est long lorsque toutes les saveurs doivent finir par s’y mélanger.
 
Nous n’avions pas encore eu le temps de trinquer, puisque seulement deux apéros avaient été servis, que nous recevions les premiers plats. On attend toujours les deux autres apéros….que l’on cancelle finalement afin de commander du vin pour accompagner notre repas.
D’autres plats arrivent. Quoi? Nous nous retrouvons avec les six premiers plats devant nous en très peu de temps. Nous essayons de profiter du moment. Chose impossible. Pour ma part, je suis complètement déstabilisée par la vitesse des évènements. Je comprends que nous sommes dans une cabane mais est-ce que je pourrais avoir quelques minutes pour apprécier le travail des cuisiniers qui se donnent un mal de chiens à l’arrière pour concocter tous ces plats. (Oui, j’aime prendre mon temps pour manger et savourer).
Lorsque le vin arrive enfin, j’en profite pour demander à la serveuse si nous étions si pressés. Elle me confirme que nous avons un bon deux heures devant nous. J’essaie alors de me détendre et d’apprécier. Pas facile. Une bouchée ici, une bouchée là. Certains plats m'ont définitivement fait sortir de ma zone de confort (du genre les dites tripes). Les serveurs repartent avec les plateaux…encore pleins et arrivent avec les plats principaux. Un tajine de maquereau et aubergines, un pain de viande étagé composé de je ne sais plus trop quoi puisque présenté trop rapidement et un filet de porc farci, sauce aux pommes. Chacun de ces plats aurait pu servir au moins 8 personnes à eux seul. Une bouchée dans chacun des services façon de constater que je n’aime toujours pas le maquereau, que le filet de porc est excellent et que le pain de viande n’a pas de classe tellement il est riche. Et hop, le reste à la poubelle ou aux cochons (élevés sur place), puisque tout ce qui n’est pas composé de porc leur est servi. Mais presque tout est cuisiné avec du porc!!!
 
Le moment fort de la soirée, les cinq desserts. Nous n’en mangeons qu’un seul, le vacherin au sorbet de framboises. Un pur délice et surtout, léger. Les autres serviront de déjeuner pour le lendemain matin. Merci Gabrielle Rivard-Hiller pour ton beau travail.
 
Mais pourquoi ?
 
Pourquoi un tel étalage de bouffe si elle finit immanquablement, soit dans des boîtes à emporter, soit aux cochons? Mon amusement et ma curiosité ont vite laissé place à un sentiment de gêne, voire de honte. J’étais là à grignoter voyant les seaux destinés à recueillir nos restes, se remplir à vue d’œil. Trop de gaspillage, trop de bruit (on ne s'entend pas parler à une même table de huit), être carrément bousculé tout au long du service et n’avoir aucun répit.
 
Nous nous sommes donc rassis dans la voiture à peine deux heures après le début de notre repas, gonflés, nauséeux, Je suis contente d'avoir vécu cette expérience unique mais je ne souhaite pas la revivre.
 
 
En résumé
 
À moins que vous ne soyez l’incarnation de Pantagruel ou de Gargantua ou que vous ayez du sang de Martin Picard dans les veines, préparez-vous mentalement à manger comme vous n'avez jamais mangé auparavant (tant en quantité, qu'en valeur calorique).
Apportez-vous une grande glacière pour rapporter vos restes chez vous.
Si possible, réservez pour le service de 20h30, vous aurez, paraîtrait-il, une meilleure expérience.
 
Un gros merci
 
Pour terminer, un gros merci aux jeunes et hyper talentueux Vincent Dion Lavallée et Gabrielle Rivard-Hiller pour avoir pris quelques minutes pour une petite photo et une dédicace. Cela a mis un peu de baume sur mon cœur déçu. Merci à Martin pour assumer ton originalité.
 
Petite suggestion 
 
Déposer quelques menus écrits sur les tables pour que l’on sache mieux la description des plats servis et pour garder en souvenir de l’EXPÉRIENCE PIED DE COCHON.

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